Comme précisé dans notre interview de Mike Fridley, directeur de High on Life 2, le titre fait partie du dispositif Xbox Play Anywhere, signifiant qu’il peut fonctionner non seulement sur PC et Xbox Series, mais aussi sur tout appareil compatible avec le xCloud. C’est justement via un code sur le Microsoft Store que nous avons pu découvrir cette nouvelle aventure créée par Squanch Games sur l’Unreal Engine 5 en lieu et place du 4, ce qui a donc impliqué plusieurs changements dans son développement. Pour le meilleur ? Voyons cela en compagnie de notre arsenal de flingues qui parlent.

High on Life 2 : une suite qui élève vraiment le niveau de vie de la série ?

High on Life 2 place son récit quelques années après les événements du premier, où notre personnage a éradiqué le G3, un cartel qui transformait les humains en drogue, équipé de ses fidèles Gatliens (une espèce extraterrestre d’armes vivantes). Il s’agit désormais d’un chasseur de primes jouissant d’une énorme célébrité à travers la galaxie, un peu comme un Starlord/Peter Quill dans l’univers de Marvel. L’introduction du jeu nous présente d’ailleurs la chose avec une mise en scène aussi habile que déjantée, en mélangeant divers passages de la vie de star notre héros, mais qui s’imbriquent intelligemment dans un didacticiel bien ficelé. 

High on Life 2 Prologue
D'entrée de jeu, High on Life 2 pose assez brillamment son ambiance bien barrée. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Malheureusement, cette vie bien rangée va prendre un tournant bien moins réjouissant une fois le tutoriel d’High on Life 2 passé, car une prime vient de tomber sur la sœur de notre protagoniste. Pour la sauver, il devra alors briser le code de sa profession et devenir un paria intergalactique. Ce sacrifice pourrait toutefois en valoir la chandelle. Notre frangine a découvert qu’un ennemi autrement plus puissant qu’un cartel a trouvé un moyen de légaliser l’utilisation d’humains en tant que « médicament » : le groupe Rhea Pharmaceutical. Pour empêcher notre espèce d’être tournée en substance à sniffer ou s’injecter dans le corps, il va donc falloir s’attaquer à une poignée de personnalités figurant parmi les puissants de la galaxie comme des politiciens, des milliardaires, et autres opposants nettement plus difficiles à atteindre que des trafiquants de drogue. 

High on Life 2 Rhea
L'utilisation de l'être humain en tant que drogue est évidemment de nouveau au cœur de l'intrigue. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Voilà en substance le synopsis d’High on Life 2, qui va donc nous faire voir de l’espace pour aller traquer les personnes qui financent ou légitiment les horribles expériences du groupe pharmaceutique. Malgré l’aspect plus sérieux de la situation, cette suite n’oublie cependant pas ses racines humoristiques complètement barrées et va même multiplier les situations tantôt burlesques, tantôt trash pour apporter de la légèreté à l’ensemble. Ce notamment par le prisme des fameux Gatliens, qui parleront à la place de notre chasseur de primes malheureusement toujours muet. Contrairement au premier épisode, ceux-ci s’avèrent cependant moins bavards, et ce n’est pas pour nous déplaire. Ceci étant dit, le jeu de Squanch Games reste un FPS beaucoup plus verbeux que la plupart des titres du même genre, avec beaucoup de passages purement portés par des dialogues, au détriment de l’action. 

Fort heureusement pour les amateurs de défouraillage, High on Life 2 n’oublie bien sûr pas ses racines de shooter avec pléthore d’affrontements au fil de l’aventure. Chaque Gatlien correspond ainsi à un type d’arme donné comme un couteau, un pistolet, un fusil à pompe, un sniper, une mitraillette, etc. Chacun dispose par ailleurs d’un tir secondaire spécifique (comme un aspirateur pour le fusil à pompe), ainsi que d’une compétence unique, comme par exemple une bulle ralentissant le temps pour notre pistolet. Ces pouvoirs s’accompagnent cependant d’un long temps de recharge, et il faudra donc souvent alterner les pétoires pour exploiter à fond tout le potentiel de notre arsenal.

Cette formule déjà éprouvée dans le premier épisode s’étoffe en outre de l’ajout d’un skateboard, qui remplace le sprint dans un FPS traditionnel. On dispose donc d’une impressionnante mobilité et de la possibilité de glisser sur certains rails ou surfaces, pour offrir aux combats un rythme particulièrement effréné. Le tout s’avère également très agréable à prendre en main, tant au clavier/souris qu’à la manette. Shooter oblige, l’expérience s’avère tout de même plus plaisante avec les périphériques propres au PC plutôt qu’avec un contrôleur.

Le bestiaire assez limité, une IA pas très maline et un manque flagrant de patate dans les animations et le sound design viennent cependant quelque peu entacher le plaisir procuré par un gameplay aussi nerveux. Le pire dans le domaine étant sans doute les combats de boss de High on Life 2, qui demandent au contraire de rester sagement derrière à couvert pour vider la barre de vie de notre adversaire, tant celui-ci nous punit en infligeant énormément de dégâts si on reste un peu trop longtemps à découvert. Cela rend donc ces moments censés être spectaculaires finalement plus soporifiques que les gunfights contre des groupes de sous-fifres. 

High on Life 2 Gunfight
Les gunfights sont globalement plaisants, même s'ils manquent un peu de piquant... surtout contre les boss. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Plus divertissant qu’un trip coloré sous LSD ?

Les combats ne sont toutefois qu’une partie de l’expérience qui fait la particularité d’High on Life 2 et de son aîné. Le titre propose en effet aussi des passages qui sortent de l’ordinaire du genre FPS. Cela prend notamment la forme de grosses séquences narratives à divers moments de notre quête contre le groupe pharmaceutique. On peut notamment citer toute une session se déroulant sur un paquebot de luxe avec divers mini-jeux et interactions loufoques pour profiter d’une soirée organisée par le milliardaire que l’on doit abattre. Celui-ci nous invite ensuite à participer avec d’autres convives à l’enquête de son propre meurtre : un clin d’œil évident au très bon film Glass Onion : Une Histoire à Couteaux Tirés avec Daniel Craig dans le rôle du célèbre détective Benoît Blanc.

High on Life 2 Ref A Couteaux Tirés
Le jeu brille par ses moments plus narratifs, comme ici un énorme clin d'œil au film Glass Onion. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Des moments plus causants comme ceux-ci, faisant la part belle à une mise en scène plus léchée et une bonne dose d’humour, High on Life 2 en regorge tout au long de l’aventure. Si cela apporte une distraction bienvenue, et constitue même l’une des plus grandes forces du jeu en opposition à des gunfights assez convenus, l’expérience s’avère à la longue un peu ronflante. Le tout finit en effet par devenir beaucoup trop verbeux pour son propre bien, avec qui plus est des blagues qui ne font pas toujours mouche, voire font un peu rouler des yeux tant elles peuvent pousser le bouchon un poil trop loin. L’humour est par nature subjectif, et ces passages plus narratifs pourront autant en dérouter certains qu’en amuser d’autres, selon la sensibilité de chacun. De mon côté, ça a soufflé le chaud et le froid, oscillant entre des moments légitimement mémorables, et d’autres où j’avais hâte que ça se termine. 

Là où High on Life 2 devrait cependant mettre tout le monde d’accord, c’est au niveau de sa plastique. Grâce à l’Unreal Engine 5, le titre affiche des graphismes particulièrement jolis et colorés. Qui plus est, le fait de se frotter à des ennemis riches et puissants permet de présenter des décors généralement rutilants, assez loin de la crasse qu’implique d’affronter un cartel de trafiquants de drogue. Bien sûr, la direction artistique à base de planètes alien à la Rick & Morty ne plaira pas à tout le monde. Force est cependant de constater que l’ensemble est visuellement très propre, et techniquement solide, tournant en toute fluidité sur ma configuration de test. J’ai cela dit relevé quelques bugs assez gênants, notamment de collision à cause des déplacements en skate qui m’envoyaient parfois me coincer dans un décor, me forçant ainsi à retourner au dernier point de contrôle pour reprendre la partie.

High on Life 2 Visuels
Visuellement, le titre se montre très chatoyant à l'œil. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Une galaxie qu’on a envie de rider ?

En-dehors des gunfights et des passages plus narratifs, High on Life 2 a un dernier composant principal pour son trip intergalactique : des zones ouvertes à explorer, qui correspondent grossièrement au nombre d’ennemis majeurs qu’on doit abattre pour progresser dans notre combat contre Rhea Pharmaceutical. Là encore, le titre souffle globalement le chaud et le froid. Chaque terrain de jeu est en tout cas clairement pensé pour qu’on puisse le parcourir à toute vitesse avec son skateboard, ce qui illustre encore une intégration plutôt efficace et satisfaisante de cette mécanique.

High on Life 2 Zone Ouverte Carte
La partie exploration du jeu laisse quelque peu à désirer. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Sauf que l’exploration desdites zones s’avère hélas assez peu intéressante, puisqu’on y passe le plus clair de son temps à trouver des caisses à détruire disséminées un peu partout afin d’obtenir des améliorations pour notre équipement, ou de la monnaie afin d’en acheter dans des boutiques. L’argent ainsi récupéré sert également à faire l’acquisition de cartes à collectionner ou encore d’éléments cosmétiques pour notre personnage et notre planche. Mis à part ces collectibles pas très originaux, on a également droit à diverses activités annexes, comme des panneaux de primes à supprimer en éliminant les adversaires gravitant autour ou encore des courses à faire en skateboard. 

High on Life 2 Course Skate
On a cela dit droit à des activités annexes sympathiques, comme ici une course en skate. © Geralt de Reeves pour Gameblog

Histoire d’encore se démarquer de la concurrence, High on Life 2 propose à nouveau des moments plus « narratifs » à découvrir dans ces zones ouvertes via des lieux à visiter comme un cinéma, un escape game, une salle de talk show et autres idées sortant un peu de l’ordinaire dans un FPS. Même si on peut saluer l’effort d’avoir créé du contenu supplémentaire qu’une majorité de joueurs risquent de rater, force est de constater que le tout s’avère encore un peu trop verbeux pour être apprécié à sa juste valeur. Du moins l’exercice pourra plaire à celles et ceux réceptifs à l’univers et l’humour du titre de Squanch Games. Il ne faudra toutefois pas être anglophobe, puisqu’il n’existe pas de voix en français, seulement des sous-titres dans la langue de Molière. 

En tout et pour tout, High on Life 2 va quoi qu’il en soit vous occuper une bonne dizaine d’heures si vous faites le jeu en ligne droite. Vous pouvez facilement compter le double de ce temps si vous souhaitez passer chaque zone ouverte au peigne fin, et quelques heures de plus encore si l’envie vous prend de voir tous les contenus annexes et parfaitement optionnels à découvrir durant vos voyages à travers la galaxie entre deux sessions de tricks en skate.